fantômes

J’utilise ici la sortie de À travers les brumes, pour revenir aussi, un peu, sur My Winnipeg de Guy Maddin

Lorsque j’ai vu pour la première fois le film de Guy Maddin (réalisateur canadien qui s’aventure hors des sentiers battus) au cinéma underground, au sens propre, qu’est le cinéma du parc, j’en étais sorti bouleversé. Docu-fiction n’est pas exactement le bon terme, quoique c’était celui le plus accessible pour les journaux. Il s’agit, en fait, d’un véritable documentaire. Car il y a certes des mensonges, des mythes et des fantômes, mais ils s’affichent comme tel, tant et si bien que l’on fini par ne plus trop savoir ce qui est réel. (que se lève ici celui qui pourra me convaincre que la vie et le rêve font toujours 2) J’en étais sorti bouleversé aussi parce que ce film, qui déterre les fantômes winnipeggois de Guy Maddin, m’a permis de me rendre compte que chaque villes où nous passons, sont remplient de fantômes. Je pensais bien sûr aux miens, ceux de mon Chicoutimi natal, mais aussi à ceux, publics ceux-là, de Montréal. En particulier, je pensais à André “dédé” Fortin. J’y pensais en marchant sur Sherbrooke alors que j’arrivais au coin de Saint-Laurent, face au 2116 qu’il a habité un temps. Me sorti de ma rêverie un punk qui quêtait et qui refusa les douze sous qui devaient se sentir bien misérables au fond de ma poche et qui aurait bien aimé être utiles à quelqu’un. Il les a refusé et s’en est allé en gueulant à quel point c’était une perte de temps de quêter à cet endroit à ce moment (j’embellis ici). À croire que ce qui lui permet de rêver coûte plus cher que le 6$ qu’a coûté mon billet et que ça ne se trouve pas au cinéma du coin.

Revenons à André et au film qui a été fait sur lui.

André, il fait parti de la famille, la mienne, celle des québécois, celle des nationaliste-séparatiste aussi. Mais pas seulement ça, il est mon premier idole, il trippait sur le cinéma, il était drôle et intelligent, il sortait des textes qui m’emportait et il portait en lui, en plus et malgré tout, une angoisse et une anxiété qui ne me sont pas étrangère. J’allais donc voir le film avec une crainte, mais aussi avec une hâte indicible, j’avais hâte de le revoir. J’ai, bien entendu, pleurer presque tout le long (merci ici à Sébastien Ricard qui a su être assez convaincant pour me permettre cela). Cependant, je n’ai pas pleuré parce que le film était bon, mais plutôt à cause des souvenirs et de la blessure encore vive qu’a laissé le suicide d’André Fortin. En fait, j’ai malheureusement trouvé le film convenu. Quelques dialogues assez mièvres “j’ai tellement l’impression d’être vivant” ou encore “t’es tellement pure…y’a rien d’sale en toi” j’en resterai là, ce n’est pas le pire. Mononc’ Serge est un autre de ces personnages important dans notre “famille” je ne voulais pas du tout d’un film sur lui, mais criss, pas cette caricature insipide, cette coquille vide, cette parodie…bref. et aussi Saya, mais au moins on ne le voit pas tant. Que l’on me comprenne bien cependant, je n’ai pas tant d’objectivité ici, et je suis vraiment content que ce film ait été fait, ça aurait vraiment pu être pire. Mais ce qu’il manque, c’est l’angoisse. La vraie, la sale, celle qui fait peur à voir. Je suis relativement difficile en matière de “bons” films, j’ai la conviction qu’un film appelle une forme particulière. My Winnipeg avait sa forme, À travers les brumes ne la pas trouvé, où peut-être est-il passé à côté, les animations, sébastien ricard et celui qui incarne pat, c’était le bon point de départ. Malgré tout, je suis vraiment content que ce film n’ait pas été excellent, ça me laisse la chance de le revisiter moi-même et d’essayer d’être juste à ma vision.

~ par conversationaveclalune le 27.03.09.

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